Septembre, octobre… La rentrée, c’est cette période où tout le monde reprend « à fond » : nouvelles résolutions, agendas flambant neufs, motivation au maximum. On se promet de mieux manger, de se coucher plus tôt, d’être organisée et de reprendre sa vie en main.
Sur le papier, tout semble simple. Dans la vraie vie, c’est parfois une autre histoire. Et quand on vit avec une maladie chronique, il faut aussi composer avec la fatigue, les rendez-vous médicaux, les symptômes imprévisibles et cette fameuse énergie qui décide parfois de prendre un jour de congé sans nous prévenir.
Cette année, ma rentrée a une saveur un peu particulière : j’ai repris mes études à 31 ans !
Reprendre les études à 31 ans : le grand retour sur les bancs
Oui, tu as bien lu ! À 31 ans, je me suis dit : « Quel challenge me lancer pour cette nouvelle décennie ? Et si je reprenais mes études ? » 😅. Plus sérieusement, j’ai décidé de suivre un certificat en recherche clinique, la formation dure deux mois, mais elle est intensive, avec des cours, des contrôles chaque semaine et beaucoup de choses à assimiler en peu de temps. Autant te dire que mon corps et mon cerveau ont eu besoin d’un petit temps d’adaptation !
Reprendre ses études à 31 ans, ce n’est pas « trop tard » et d’ailleurs il n’est jamais trop tard. C’est juste un autre moment, avec plus de maturité, plus de motivation, une meilleure conscience de ce qu’on veut construire . Mais il y a aussi une réalité dont on parle moins : il faut retrouver des habitudes d’étudiante, assimiler de nouvelles connaissances, gérer les évaluations et réorganiser toute sa vie autour de ce nouveau projet.
Sauf qu’entre l’envie d’apprendre et la réalité du quotidien, il y a quelques détails à prendre en compte : les réveils matinaux, les transports, les repas à préparer, les révisions et, bien sûr, la fatigue (my bestie, iykyk).
Quand on vit avec une maladie chronique, il ne suffit pas toujours de se dire « allez, on se motive ! ». La motivation est importante, mais elle ne remplace ni le repos ni l’énergie physique dont on a besoin pour tenir une journée.
J’apprends donc à poursuivre mes objectifs sans faire comme si les limites de mon corps n’existaient pas.
Mon quotidien de rentrée : le planning qui m’aide à tenir
6h30 : le réveil, sans courir
Mon réveil sonne à 6h30 tous les matins.
À cette heure-là, mon cerveau n’a pas encore donné son accord pour participer à cette aventure. 😅
Je prends le temps de petit-déjeuner tranquillement et de me préparer, sans me précipiter. Ce temps pour moi le matin, c’est non négociable : il pose la base de toute ma journée.
Ensuite, direction les transports !
En compagnie de la RATP : welcome on board ! 🚆
Pour aller à l’école, je prends le RER. Ça représente entre 1 h et 1 h 15 de trajet… à l’aller, et au retour aussi. Autant dire que je pourrais presque valider un diplôme en patience avant même d’arriver en cours. 😂
Les transports parisiens, c’est toute une aventure : les retards, les rames bondées, les changements de dernière minute et les fameuses annonces : « Trafic perturbé sur la ligne… » Ah là là, ça devient presque la bande-son de mon quotidien ! 🥲
Parfois, tu ne sais même plus si tu es en train d’aller en cours ou de participer à une épreuve de Koh-Lanta version transports en commun.
Quand on vit avec une maladie chronique, ce n’est pas anodin : rester debout, gérer la foule, les correspondances et les imprévus demande de l’énergie.
Alors, quand tout se passe bien et que j’arrive à avoir une place assise, j’essaie de transformer ce temps en petite pause : un podcast, de la musique ou une relecture de mes cours.
Mon objectif ? Arriver en cours avec un peu d’énergie, et pas déjà avec l’impression d’avoir vécu trois journées. 😅
Le batch cooking du week-end : mon meilleur allié
Le week-end, je fais du batch cooking. Je prépare mes repas pour la semaine, ce qui m’aide à :
- planifier mes repas à l’avance,
- manger le plus possible de repas sains et faits maison,
- éviter les restaurants (pour mon budget, comme pour ma santé),
- ne pas me demander « qu’est-ce que je mange ce soir ? » quand je rentre épuisée.
Si tu souhaites aller plus loin, tu peux aussi découvrir mon article sur l’alimentation adaptée au SOPK et à la maladie de Crohn.
La gamelle du midi : équilibrée, toujours
Je m’efforce d’emmener ma gamelle tous les jours. Et je fais attention à ce qu’elle soit équilibrée : des légumes, des protéines et des féculents. Pas de menu compliqué, juste une assiette qui me donne de l’énergie pour l’après-midi.
Le retour à la maison : entre repos et révisions
En rentrant, j’essaie de me reposer d’abord. Ensuite, si j’ai encore un peu d’énergie, j’en profite pour réviser un peu. Je ne force pas : on n’est pas obligé de faire plus quand on a déjà beaucoup donné.
Ma première semaine : l’épuisement, et je ne m’en cache pas
Soyons honnêtes : la première semaine a été vraiment dure. Le rythme est accéléré, les contrôles tombent chaque semaine, et mon corps n’a pas suivi. Fatigue, difficultés à tenir le rythme, …
Avec une maladie chronique, l’énergie disponible peut varier d’un jour à l’autre. Une journée qui semble tout à fait gérable peut être suivie d’une journée beaucoup plus difficile.
Si toi aussi tu t’es déjà sentie dépassée à la rentrée : c’est normal. Ce n’est pas un manque de volonté, c’est un corps qui s’adapte à un nouveau rythme.
Je ne veux pas généraliser mon expérience à toutes les personnes qui vivent avec une maladie chronique, car chaque parcours est différent. Mais, pour moi, cette première semaine a été un vrai rappel : reprendre un rythme demande du temps, même lorsqu’on est profondément motivée.
J’ai dû accepter que cette adaptation ne se ferait pas en deux jours et que je n’avais pas besoin de tout maîtriser immédiatement.
Le plus difficile n’était pas seulement la fatigue physique. C’était aussi de trouver ma nouvelle organisation sans avoir l’impression de devoir constamment choisir entre mes études et mon bien-être.
La deuxième semaine : je commence enfin à trouver mon rythme
Je commençais à m’habituer aux horaires, aux trajets et à l’organisation des journées. J’avais aussi mieux compris le rythme de la formation et ce qui était attendu de moi.
Mais surtout, j’ai commencé à retrouver un sommeil plus régulier.
Avec le recul, c’est probablement l’une des choses que j’aurais dû anticiper plusieurs semaines avant la rentrée.
Tu peux essayer de rapprocher progressivement tes horaires de coucher et de lever de ceux que tu auras pendant cette période. Retrouver une routine matinale et éviter les changements trop brusques entre les jours de cours et les jours de repos peuvent aussi faciliter la transition.
Bien sûr, ce n’est pas une formule magique. Avec une maladie chronique, on ne contrôle pas toujours son sommeil ni son niveau de fatigue. Il ne faut donc pas culpabiliser si ton corps ne suit pas le planning prévu.
De mon côté, j’ai constaté que retrouver des horaires plus réguliers m’aidait à mieux aborder mes journées.
Je ne suis pas devenue une personne parfaitement organisée du jour au lendemain. Je ne me réveille pas soudainement à 6 h 30 avec l’énergie d’une personne qui vient de gagner au loto.
Disons simplement que mon réveil et moi sommes en train de négocier une trêve. 😂
Cette deuxième semaine m’a surtout appris qu’il ne faut pas toujours juger une nouvelle routine à partir de ses premiers jours.
Parfois, on a simplement besoin de temps pour s’adapter.
Mes petites stratégies pour mieux vivre la rentrée avec une maladie chronique
Je suis encore en train de trouver ce qui fonctionne le mieux pour moi, mais cette reprise m’a déjà appris quelques petites choses.
- Anticipe le sommeil : essaie de caler tes horaires de coucher et de lever au moins 2 à 3 semaines avant la rentrée.
- Prépare tes repas à l’avance : le batch cooking, c’est un geste de soin envers toi-même.
- Transforme tes trajets : pause, podcast, respiration… ce temps peut devenir un petit sas de décompression.
- Écoute ton corps : on n’est pas obligé de tout faire à 100 %, tous les jours.
- Fais la paix avec l’imparfait : une semaine difficile ne définit pas ton parcours.
- Célèbre les petites victoires : tu as tenu une semaine ? Bravo, c’est énorme.
L’objectif n’est pas de suivre une routine parfaite, mais de trouver une organisation suffisamment souple pour s’adapter à la réalité du quotidien.
À toi qui reprends un rythme après une période difficile
Peut-être que tu reprends les cours, un travail, une formation ou simplement une routine après une période de fatigue, une poussée de symptômes ou des semaines où tu as dû mettre certaines choses de côté.
Peut-être que tu regardes les autres avancer et que tu as l’impression de devoir fournir deux fois plus d’efforts pour suivre le mouvement.
Si c’est ton cas, j’aimerais te rappeler une chose :
- Tu n’as pas besoin de tout réussir dès la première semaine.
- Tu as le droit de chercher ton rythme.
- Tu as le droit de modifier ton organisation.
- Tu as le droit de te reposer sans considérer que tu as perdu une journée.
- Et tu as le droit d’avoir des objectifs ambitieux sans exiger de toi-même une énergie illimitée.
Reprendre une activité avec une maladie chronique demande parfois des ajustements que les autres ne voient pas. Préparer ses repas, organiser ses trajets, gérer les rendez-vous médicaux et prévoir des temps de récupération font aussi partie du quotidien.
De mon côté, je continue à avancer. Je sais que le rythme restera soutenu, que certaines semaines seront plus difficiles que d’autres et que je devrai continuer à m’adapter.
Mais je sais aussi pourquoi j’ai choisi ce projet.
Pour l’instant, j’essaie de me concentrer sur une chose : avancer un jour après l’autre, sans oublier la personne que je suis en train de devenir.
Parce qu’à 31 ans, reprendre ses études, c’est déjà une aventure. La faire avec une maladie chronique, c’est parfois une aventure avec quelques niveaux de difficulté supplémentaires. Mais cela ne signifie pas qu’il faut renoncer à ses projets.
On peut avancer à son rythme, prendre soin de soi et continuer à construire la vie que l’on souhaite. Même si le chemin est un peu différent.
💜 Et toi, comment se passe ta rentrée ?
Est-ce que tu as aussi du mal à retrouver ton rythme après une période de repos ? Qu’est-ce qui t’aide le plus à gérer la fatigue, les repas, le sommeil ou les journées chargées ?
Si tu devais donner un seul conseil à quelqu’un qui reprend un rythme soutenu avec une maladie chronique, ce serait lequel ?
Raconte-moi ton expérience en commentaire. On peut partager nos astuces, nos difficultés et nos petites victoires, sans pression et sans chercher à être parfaits/es.
Parce qu’on mérite toutes et tous de poursuivre nos projets, sans oublier de prendre soin de nous.
Prends soin de toi, à ton rythme. 💜